mercredi 23 juillet 2008

Silence maladif

Tais-toi et prie. Crie en silence sans mots ni voix, crie cette haine au corps, amas de chair. Pourquoi es-tu si décharné? pourquoi courbes-tu le dos comme un arc imparfait. Redresse-toi, Os! Tu as eu donc si peur de te noyer dans tes graisses que tu te meurs de marasme? Tu vas finir par t'empaler, Os, sur tes os fragiles, Os, sur tes côtes incisives, Os. Tu es tranchant, tu es fragile, n'as-tu pas peur de te casser? Os, ne baisse pas la tête, poupée, ne baisse pas la queue, chien, ne baisse pas les bras si violemment que tu pourrais te couper. N'as tu pas peur de tuer, contre ton corps, par ton corps, l'amant blessé? J'oubliais que tu n'oses pas effleurer semblables disgracieux.
Mais parle je t'en prie! régurgite, Os, régurgite le langage qui t'étouffe.

lundi 21 juillet 2008

à l'envers

Je ne supporterai pas ce bruit longtemps, j’ai la tête qui explose. Et ton corps chaud qui s’oublie pour moi, comme si tu me donnais vie parfois ; c’est tes illusions de gosse. D’enfant prodige ou gâtée, qui ne trouve sa place que dans le néant et la négation de ma peau. Je voudrais me sentir dans tes quelques années, de ton cœur suffisant pour deux et son rythme tentant de m’entraîner. Aussi vide qu’inhumain, je me languis de te connaître. Autrement, même si tes mots seront pires que tes gestes et tes promesses insouciantes si je vis encore demain. Je ne pourrais pas savoir. Je t’attendrais, je t’entendrais respirer parfois, dans mon corps glacé, insensible sauf contre toi, puisque la chaleur je ne la connais plus depuis si longtemps ; Et personne n’osait songer à s’approcher de moi. Encore moins de se blottir dans mes bras décharnés de pantin inaccessible. Je ne serais pas capable de te combler. Je ne ferais même pas semblant de vivre pour toi. Je ne pourrais pas t’aimer comme les autres te le promettront. Je ne pourrais te sourire que lorsque tu ne t’en rendras pas compte. Que tu seras trop occupée à vivre seule, ailleurs. Dans les mémoires oubliées, sur la tombe de ta mère ; Sous la pluie.

Et ton corps qui panse le mien, sache que je n’y crois pas. Voudrais-tu surface plane pour y camper ton nom, graver mon cœur, écorcher mon frêle corps ?

Pourquoi me regardes-tu lorsque tu pleures comme si tout m’incombe ? Pour me prouver que ces soubresauts ne sont pas une excuse suffisante à nier que je pleure comme toi puisque tu es mes larmes, mon semblant d’existence. Tu voudrais me créer, avec tes yeux d’enfant, tu voudrais me lancer une bague de magicien, la troquer contre ma clope peut-être. Elle me serait tellement utile. Je ne serais plus l’épouvantail. Je ne suis déjà pas grand-chose.

Mais tu fais si bien semblant. Que je me prends au jeu de ta naïveté. Quelques instants...