mercredi 10 septembre 2008

le silence du cocu.

Mon adolescence continua gentiment. Je pris de l’assurance et rentrai dans le moule du parfait amant. Je devins un amant doux, romantique et sincère jusqu'à être vidé de toute sensibilité morale et physique. Épuisé de ne pas réussir à m'attacher à quiconque, je me suis fané. Devenu un contenu charnel dénué de sensation, je me hâtais à presser mon corps nu contre ceux de femmes toutes plus vigoureuses les une que les autres, habitées par l'enivrement charnel et les déboires sexuels et qui n'avaient à mes yeux que l'intérêt d'être des réceptacles plus vides encore que moi. Je me sentais être, par ce comblement organique à défaut de moral, tel un messie semant une joie éphémère à de telles paumées. Du moins je m'en persuadais, de peur de devoir admettre que je ne pourrais jamais être rien d'autre qu'une bête, puisque ni avant, ni après mes relations, je ne me souciais, certes pas de mon bien être puisque je n'étais pas à la recherche d'une quelconque jouissance, mais pas plus de celui de mes partenaires. Je tentais frénétiquement de combler un manque comme au beau temps de ma vivacité. Mais m'étais-je seulement demandé si j'avais été un jour réellement heureux ou si j'avais seulement ouvert les yeux du jour au lendemain, en tombant de bien plus haut qu'imaginable. Peut-être me manquait-il de l'affection, tout simplement, comme celle que l'on éprouve lorsqu'une tête se pose tendrement sur notre torse ou qu'une caresse nous frôle. Ou encore cet intérêt que l'on peut nous porter sans rien attendre en retour.
Peut-être aurais je seulement voulu être aimé.

Et puis un jour, il y a eu Sofia. Rencontrée lors d’une sortie entre amis où je pensais être le seul célibataire, Sofia fut d’abord ma partenaire imposée à qui je faisais la conversation pour ne pas tenir la chandelle. Tout au long de la soirée elle enchaînait des verres de vin blanc, semblant vouloir s’oublier. Elle était rongée de voir des amoureux et je vis en elle une de mes paires. Elle ne me plaisait pas, au début tout du moins, car ses airs de fille paumée et droguée, emplie de désespoir me mettait mal à l’aise et me confrontait à mes propres névroses. Les expressions de son visage se ternissaient à chaque taffe de cigarettes et de gorgée d’alcool. Elle me souriait parfois et finit par oublier ce qui nous entourait. Et moi aussi. Elle m’avoua plus tard qu’elle ne voulait pas me donner l’impression de ne s’intéressait à moi que par dépit. Je n’aurais pas eu la même délicatesse et m’imaginait déjà la sauter dans les toilettes du restaurant pour ne pas faillir à ma réputation. Sans en avoir la moindre envie : elle m’impressionnait. En un regard et par sa seule présence elle avait réussi à me castrer.
Il n’y avait plus de vivacité chez cette fille, il n’y avait qu’une impudeur malsaine de s’exposer à nu au premier inconnu. Elle avait rompu et s’était déchirée avec l’homme avec lequel elle habitait à l’époque et me dit simplement qu’elle s’était forcée à l’aimer puis y avait pris goût comme on s’attache à un animal de compagnie. Nous n’étions pas si différents et ce soir là je fus fasciné pour la première fois de ma vie, et pour une personne dénuée de mystère.
Je n’avais pas envie d’elle comme j’avais envie des autres. Le repas s’éternisa en tête à tête autour d’un Irish coffee où mon mutisme n’eut d’égal que l’envie de la réconforter. Pleinement, j’avais envie de m’oublier pour elle, pour la combler, pour lui donner vie.
Elle avait cette grâce et cette fragilité de la veuve alors qu’elle n’avait perdue qu’un labrador étant enfant.
Nous baignions dans une lumière tamisée aux tons orangés qui me rongeait les yeux. Elle se leva, me prit par la main Elle me jura de m’aimer deux semaines plus tard. Malheureusement je l’ai cru.
Elle me renvoyait à l’état de tétanie de mon enfance, où la femme était un spécimen impressionnant et inaccessible.
Un soir en promenant dans une ruelle éclairée que par un lampadaire, je la plaquais contre un mur pour l’embrasser. J’avais répété ce moment dans ma tête sans m’imaginer capable d’une telle spontanéité. Je me suis excusée de la traiter ainsi et elle ne dit rien, se contenta de serrer très fort sa main dans la mienne en marchant. Mon cœur céda : j’étais amoureux de celle à qui je ne voulais pas faire l’amour par peur de ne plus avoir envie de la revoir, par peur de ne pas assurer, par peur d’être enseveli par l’émotion de toucher la peau de celle qui m’émut au premier regard.

Elle avait, en quelque sorte, bousillé tout ce qui faisait de moi un homme digne et l'avait transformé en bien pire encore: un chien sans l'ombre d'une fierté. Et je ne pourrais qu'admettre que j'ai adoré ça. Elle m'aurait arraché un bras que je lui aurais offert le second. Elle m'avait bouffé la bite et je lui avais, en prime, donné mon coeur.
J'aurais pu vous la présenter comme une pute mais au contraire, son truc à elle, c'était d'être la Mère Thérésa de la baise. Ses jambes écartées étaient l'offrande d'une non vierge non effarouchée à tout un peuple de testostérones en mal de jouissance.
Moi je m'en foutais puisqu'elle m'aimait, la salope.
Mais réduire ces années en une description si courte et peu approfondie serait un manque de respect total. Pour elle bien sûr, mais elle le méritait, et surtout pour moi. Je n'ai certes pas besoin de me faire passer pour une victime puisque dans mon malheur j'étais consentent. Mais je préfère tout raconter car je n'ai rien à cacher. J'assume ma lâcheté.
Il faut donc faire un flash back de trois ans.
Sofia n'était pas d'une grande beauté ou du moins, peut être qu'après toutes ces années elle ne me frappait plus au visage et, sans être fanée puisqu'elle restait égale à elle même, je m'en étais tout simplement lassé, à force sûrement de la voir, non plus comme une conquête ou une maîtresse, mais comme la mère de mes futurs enfants. Ce qui, soit dit en passant, n'a plus était une alternative possible depuis qu'elle s'était révélé férue de l'anatomie de tout autre type que moi. Ce qu'il y avait de tragique c'est qu'elle m'aimait, prétendait elle et que j'ai trop longtemps blotti ma tête contre ses mensonges. J'ai dénombré six hypothétiques amants, pendant qu'elle n'en admettait que deux (l'utilisation du « QUE deux » avait probablement pour but d'apaiser un temps soit peu mes maux).
A être un cocu heureux, on en oublie que certaines arrivent à être fidèles et stables.
Peut être vous êtes vous déjà fait une image de Sofia? Je vais par conséquent vous la décrire en vue d'éviter toute méprise éventuelle concernant son physique. Son prénom évoque le feu sous la glace, une beauté caliente mate de peau aux yeux et aux cheveux bruns; et un air des plus hautains et refroidissant. Et un corps svelte presque musclé part endroit, un dos cambré...non?
Et bien non justement. Je l'appelais « ma fragilité » car tout dans son corps comme dans sa tête menaçait à tout moment de rompre, de se briser. Attendrissante et bouleversante Sofia, du haut de son mètre 56, n'était qu'un petit être fragile que je tentais de protéger de tout et d'elle même. Je crois que tout comme moi avant de sortir avec elle, elle cherchait à combler un vide. J'étais parvenu à combler le mien mais pas le sien à croire qu'il y avait trop de travail à faire sur nous-même. J'ai accepté qu'elle trouve un équilibre entre d'autres bras, silencieusement, guettant cependant les erreurs et les indices, reniflant le moindre changement d'odeur; pleurant enfin, lorsque pendant ses étreintes, elle murmurait mon prénom, comme si elle voulait me prouver et me rassurer qu'elle ne me confondrait avec personne d'autre.
Et pourtant je sentais ses mains caresser pareille chair, mixant nos étreintes et parfois leur peau. Je me tuais, je me taisais. Mes cornes prirent de l'ampleur et je les voyais grandir et les arborais fièrement au point qu'elles se changèrent en bois et firent de moi un homme cerf majestueux: le roi du bois des cocus. Mais surtout une larve aphone emplie d'affection plus que de haine. Et j'aimais toujours plus fort, de peur qu'elle ne parte.

Ante

J’avais une famille, aussi loin que je m’en souvienne. Celle que l’on ne choisit pas, certes, mais que l’on ne subit pas pour autant. Envoyé dans une école privée dès l’âge où je savais lire et écrire ; et où la jeunesse a de beau qu’il suffit de dire bonjour pour se faire des amis que l’on croit éternels ; j’ai grandi loin de parents que je devais remercier tous les jours de s’être saignés à blanc pour m’éduquer. Ou du moins pour payer mon éducation. Saigner à blanc n'étant qu'une formalité pour des gens qui n'ont jamais eu à se soucier de boucler les fins de mois. On éloignait fiston car je n’étais pas encore digne de reprendre la société de son paternel, un des plus grands distributeurs de PQ (c'est sûrement pour cela que j'ai fini par travailler pour une société de sanitaires), il fallait que je me forge tout seul, que rien ne soit facile pour lui. On m’envoyait pourtant 600 francs hebdomadaires mais rechignait à payer un billet de train ou d'avion pour les vacances scolaires. J’ai eu une sœur, paraît-il que je ne voyais pas même les week end car il ne fallait pas que je sois déstabilisé et écarté du droit chemin en m’octroyant un retour au source, à l’époque en rentrant régulièrement. Aussi, je trouvais plus intéressant de dépenser l’argent de mes visites familiales en livres et en vêtements neufs et prétextaient des examens et des concours afin de ne pas les revoir. J’étais un élève plutôt brillant et les longues études n’ont été ma vocation que pour prétendre à une liberté de me créer ma famille. Pour tous, je n’avais pas de racines et vivais loin car j’étais un espoir d’avenir et non plus l’enfant dont on voulait se débarrasser. Et les autres parents me voyaient comme un modèle, le garçon qu’ils n’avaient jamais eu, j’étais le meilleur ami de leur fils, le petit ami idéal de leur fille, leur gendre idéal, le fils qu’ils n’avaient jamais eu.
J’aimais devenir intelligent, me plonger dans des livres et peut-être que c’est à cause de cela que j’ai perdu ma joie de vivre, si j’en avais eu un jour, et toutes mes désillusions. Je créais tout d’un bout à l’autre. Mais aujourd’hui, je peux tout admettre. Né d’une mère ivre morte le jour de ma conception et, j’en suis persuadé, également le jour de l’accouchement ; et d’un père paumé mais brave, qui travaillait probablement pour la même raison que moi, pour éviter de voir la vérité en face. Un lâche auquel je n’ai pas su me détacher en grandissant mais qui m’avait expédié loin. Certains soirs j’espérais qu’il avait fait cela pour mon bonheur, pour que je puisse avoir la vie que je méritais. Mais je ne méritais pas grand-chose. Ma petite sœur était blonde avec de grands yeux verts et je la voyais grandir sur chaque photo que l’on m’envoyait pour déculpabiliser de ne pas m’autoriser à être là. Mais je m’en contentais très largement car les cris d’une enfant en bas âge me semblaient tout aussi insupportables que les questions existentielles d’une adolescente en chaleur. Et je m’évitais ainsi le désagrément d’être un frère protecteur qui intimiderait et devrait faire rempart à tous les porcs qui tenteront de forcer l'accès à sa culotte petit bateau tout en me branlant en pensant à sa future copine de classe Magalie, le stéréotype de la fille qui finirait, telle ma mère enceinte à quinze ans d’un homme dont elle ne connaîtrait que le goût ; ou encore de la mère de cette dernière qui, malgré une quarantaine bien tassée porterait encore bien ces immondes caleçons moulants léopard qui ne laissent rien deviner mais exposaient tout ce qu’on n’oserait regarder.
Je n’osais m’imaginer dans ce rôle alors que j’étais le premier à vouloir tâter leurs petits œufs au plat qui promettaient de grandir et de concurrencer la poitrine gonflée de leur mère. La vue de la petite robe rose achetée à la base pour les fêtes de famille et qui finira banalisée et portée tous les dimanches suivants me hanta suffisamment pour avoir envie de la tacher.

pédoprisonnier

Il ne fallait pas croire en cette fille qui collait son sexe en
alternance avec ses seins contre vous, encore toute habillée dans ce
bar bondé. Elle vous avait murmuré qu'elle avait envie de vous avec
cette voix fluette mais ça ne vous a pas choqué. Qu'elle ne sache pas
si prendre non plus. Qu'elle se contente de rester sur le dos. Alors
que vous aviez vu, caressé, léché et même sucé son corps nu, vous
n'avez pas été choqué un seul instant qu'elle se cache à la lumière de
vos yeux, malgré que vous aviez pensé que cela "est ridicule, qu'elle
n'a plus douze ans". Son corps frêle de pucelle, ses gestes saccadés,
sa façon de demander constamment si elle s'y prenait bien ne vous ont
pas mis la puce à l'oreille. Et bien n'écoutez plus votre bite. Mais
ça, vous ne pouviez savoir. Il fallait écouter votre conscience et
cette petite voix qui vous hurlait de ne pas la toucher et non vos
pulsions de mâle en rut. Ne pensez plus avec votre bite. Mais vous ne
vous étiez jamais méfié des vertus du fond de teint et de l'eye liner
qui font passer une fillette de quatorze ans pour une femme de dix ans
son ainée. Et voilà pourtant que son père vous traite de pédophile,
affirme que dix milles euros sont le prix de la virginité bafouée de
sa fille. Et voilà maintenant ce taulard qui ballade sa main
dans votre pantalon en vous promettant que vous n'aurez pas mal et le
voilà , clamant qu'il n'est pas gay, non, qu'il n'est pas gay, qu'il
vous enfonce son sexe dans l'anus en pensant à sa femme. Mais vous
finirez par ne plus avoir mal, non, ne plus avoir mal. Celle là même
qui ne l'attend plus et qui, à peine les barreaux refermés sur son
tendre époux, baisait déjà avec tous les piliers de comptoirs trop
ivres pour constater que cette femme n'en ai déjà plus une, rongée de
pares et d'autres de rides malgré ses grands airs de salopes et du
maquillage en couches opaques qui simulent un semblant de jeunesse.
Et vous y penserez aussi à la longue, à sa femme, qui vous semblera
plus attirante que les bagnards. Vous penserez à son
caleçon léopard, trop moulant pour mettre en valeur quoi que ce soit,
que vous lui enlèverez rapidement pour ôter de votre vue ces immondes
bourrelets déguisés noyant son corps jadis svelte. Et vous fermerez vos
yeux, avec votre main dessus pour être sûr qu'une curiosité malsaine
ne vous poussera pas à ouvrir les yeux pendant que vous la pénétrez et
vous imaginez un plat tiède et flasque dans lequel vous vous immiscez.
Mais ce n'est que votre main. Et ne croyez pas que vous pourrez
imaginer pareil subterfuge mental quand ce sera un autre cantonnier
qui pensera à sa femme pendant qu'il vous confond avec elle. Mais ne
vous inquiétiez pas, vous finirez par ne plus avoir mal, non, ne plus
avoir mal.

le renouveau

Il va falloir s'y faire, se mettre à essayer, à travailler vraiment, à se prouver qu'il est si simple d'atteindre un niveau scolaire pseudo supérieur. faudrait y croire et éviscérer les démons.