dimanche 18 janvier 2009

Adieu

Voilà tu as tout gagné, voici mon coeur arraché de ma poitrine et exposé à ta vue: je mets à nue mes sentiments.
Il faut régler nos comptes une bonne fois pour toute que je puisse enfin écrire et toi crever en paix. Regarde, comme j'ai mal, tu n'avais pas le droit de partir, muse! Putain mais je ne sais pas ce qui me bousille le plus, ta mort ou ton silence. On fait comme si et moi j'ai fait semblant de boucler mon deuil. Mais je n'y arrive pas, tu as gardé mes doigts en otage, impossible d'écrire sans toi. Ou même de faire semblant de.
Je ne produis plus rien, je ne suis plus animée de rien, tu as écrasé un truc en disparaissant: ma verve.
Mes éjaculations littéraires prolifiques à ton contact, le calme plat ou l'impuissance maintenant. Je suis une mauvaise maitresse de mots.
Je te hais. j'aimerais te haïr, te revoir humain et présent, parce que je n'y arrive plus maintenant. Je n'arrive même plus à admettre que tu aies pu avoir autant d'influence sur moi ces dernières années. Je ne comprends pas pourquoi tu as lâché prise. Pour toi, je sais. mais égoïstement je ne conçois pas. J'ai besoin de toi et on est toujours trop jeune pour voir s'effondrer la plus belle chose qui soit.
Alors cette fois, c'est la bonne, je te laisse pourrir en silence, loin, je fais le deuil de notre orgueil, ça ne me blessera plus dorénavant. ou presque.
Amen, Muse.

samedi 17 janvier 2009

Plante grimpante

Je me suis laissé infiltrer par ce sentiment inconnu qui, telle une germe poussa au dedans autant qu'au dehors de mon corps, m'imposant au fil des jours une douleur qui n'était en rien comparable encore à sa disparation. Ses racines grimpèrent bien au delà au dessus de ses parois pour entrelacer mes organes, me faisant palpiter et elle s'octroya mon coeur comme tombeau. Je suffoquais de cette présence bien agréable qui fait oublier à tout être la signification du mot 'solitude'. Je n'étais plus seul. Je m'y habituai, un peu bêta, et la laissai vagabonder dans mon esprit comme sur une aire de jeu déserte. les tourments n'avaient plus lieu d'y séjourner puisque la plante les avaient assiégés et expulsés de son nouveau territoire. Ma seule préoccupation était cette excroissance végétale dont je crus apercevoir les quelques bourgeons sur le point d'éclore, bien blottie au creux de mon être, et ma chaleur humaine pour l'épanouir.
Si je ne vivais pas pour elle, j'avais néanmoins trouvé ce trésor qui me faisait sourire et avancer, sachant que les autres me l'enviaient certainement. C'était le mien et en gamin avare, j'en étais le gardien.“Bien ancrée, croyais-je”.
Ma plante avait ses humeurs; Les jours où sa fragilité prenait le dessus, sa tristesse faisait trembler mon corps ; sa colère déchirait de ronces mon échine et mon coeur de ses épines.
Cette phrase, que les autres prononcent à tout va, sans en comprendre un seul mot, lui manquait; des mots pour l'effleurer. Mais moi je n'avais plus que le silence, puisqu'elle me possédait tout entier.
Et puis un jour, en me réveillant, ma plante avait disparu et ne restaient sur ma peau que les plaies béantes de mon coeur en tombeau vide ; en royaume délabré, je fus déchu de l'empire que j' avais construit pour ses atours, et me retrouvai lasse avec, pour seul loisir, l'image de mon corps fraîchement abîmé ; Subitement plus rien n'eut d'importance que les traces qui me marquaient.
Elle m'a abîmé tout entier.

Je me suis promis qu'on ne m'y reprendrait plus, car ma souffrance était sienne, et qu'il n'y aurait plus de place suffisante pour une autre.
Le trou béant s'est refermé, je crois, mais j'y enfonce parfois un doigt, comme ça, juste pour voir et me remémorer le temps où j'étais habité, vivant de l'intérieur. Peut-être arriverais-je un jour à atteindre le coeur.
Quand la cicatrice menace de disparaître, je m'empresse de l'ouvrir pour ne pas oublier que malgré le temps qui passe, elle me possède tout entier.
Je regarde et je titille ce vide, qui ne veut pas partir. Il me comble.
Tout est désert. Il n'y a pas même un démon tenté et tentant pour me hanter.

Le silence est toujours là.

Les autres ne sont qu'un miroir frôlant mon corps pour imiter ses épines mais ne m'atteignent pas.
Je vais bien. Mais je m'efface. Dans les murs. Être discret pour être tout le monde. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet.
Pour contempler le soleil, je peux être seul.
Petit déjà, je ne gouvernai sur rien et n'étais, au Zénith de mon adolescence, que le bouffon du roi. Le vent ne m'intéresse pas, qu'il m'emporte s'il ose. Les foudres pour les coups, mais j'ai le corps sans cible. J'ai eu beau m'en écrire une au marqueur indélébile rouge, personne ne me vise jamais. Je gagne toujours à ce jeu là. Je ne lancerai cette flèche qu'une seule fois. En plein dans le mille. J'ai fait de ton corps un jardin, Il te suffira d'oublier, de te braquer pour que la greffe ne prenne pas. Ferme la porte. Toi aussi tu ne te laisseras plus avoir? Bienvenue dans le monde du traquenard. Je suis une fleur qui grandit, qui grandit en travers de ta gorge. Je te délaisserai à peine immiscé. Tu as la chance toi, de toujours t'en sortir indemne. Mais ne joue pas trop avec l'incandescence des graines, elles te brûleront de l'intérieur et tu auras beau crier haut et fort que tu renaîtras tel le Phoenix, figure toi que les chimères ont toujours tort. Pâle copie de l'intouchable. Trop tard, la petite germe est là.
Et le faible soleil que je suis devenu pourrait bien nourrir les arbres qui menacent de pousser au travers de vos torses. Je ne serais pas là. Je ferais semblant de; furtif, timide, transparent et fondu au papier peint.
Ils auraient dû me prévenir, mes parents, qu'aimer tue. Il faudrait coller ces étiquettes, comme sur les paquets de cigarettes, pour avertir les gens que certains meurent de tristesse, d'autres comme moi subissent la mort des sentiments.

Exploration

"Il ne fallait pas y croire, aux amours de pacotilles entre noir et fard, et aux modestes larmes cristallines dont je ne percevais pas la moindre sensation. Elle se mouvait de tout son long, jouant au serpent ou au loup déguisé en brebis. Et pourtant j'avais beau le prévenir, j'aurais voulu le vivre. J'aurais voulu savoir, ce que c'était de mourir par amour, mais le temps en remontant, se figea dans ma jeunesse. je crève en déjà mort depuis longtemps, de ne pas être celui qui connait les odeurs et les goûts d'adulte. Je ne connais pas le doute de ne plaire, et du sourire à prétendre pouvoir être le prince charmant.
J'aurais voulu toucher, du bout des doigts les espoirs de leur vie, l'attente des bonnes nouvelles et des mercis sincères. Comme je l'ai lu sur chaque visage jouissant, des corps dont j'aurais voulu être l'inquisiteur. J'aurais voulu grandir en même temps que leurs seins, connaître le peu aux bonnets remplis. Au ventre plat à celui qui grossit, à la peau lisse, qui se plisse. Je me suis contenté du théâtre porno graphique, aux lumières tamisées de la vie, 'la vraie', avec des amants en guise d'acteurs se mouvant devant mes yeux en vivant leur vie de corps à corps, les mots en bouche à bouche."